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Le conflit du Sahara occidental se radicalise

11 novembre 2010

Rabat et le Front Polisario se renvoient la responsabilité des affrontements qui ont fait une dizaine de morts à Laâyoune.

MAGHREB L’intransigeance est plus que jamais de rigueur dans le conflit du Sahara occidental. De violents affrontements ont opposé, lundi, les forces de l’ordre marocaines à des émeutiers sahraouis à Laâyoune, la capitale du territoire que se disputent le royaume chérifien et le Front Polisario. Les deux camps se rejettent la responsabilité des heurts mortels qui se sont déroulés le jour de la reprise des discussions organisées sous l’égide des Nations unies, près de New York.

Rabat et les indépendantistes ne sont d’accord sur rien. Les pourparlers organisés par Christopher Ross, l’émissaire de l’ONU dans la région, sont dans l’impasse. Le Polisario et son parrain algérien réclament un référendum d’autodétermination qui donnerait à la population de cette ancienne colonie espagnole le choix entre trois options : l’indépendance, l’autonomie sous souveraineté marocaine ou le rattachement au Maroc. Favorable à un référendum sous Hassan II, Rabat a changé de stratégie sous le règne de Mohammed VI. Le souverain marocain a fait présenter en septembre 2007 au secrétaire général de l’ONU un plan d’autonomie sous tutelle marocaine.

Ce dialogue de sourds a dégénéré sur le terrain avec la création d’un campement de contestataires à une dizaine de kilomètres de Laâyoune. Le village de tentes abritait plus de 12 000 Sahraouis qui protestaient contre le chômage et leurs difficultés sociales. Samedi, Mohammed VI avait déclaré dans un discours le camp « zone de non-droit ». Dans le même temps, des propositions avaient été avancées pour répondre aux revendications. Mais, lundi, le démantèlement du camp par les forces marocaines a mal tourné. Les violences se sont propagées comme une traînée de poudre aux quartiers sahraouis de Laâyoune. Le Maroc évoque onze morts, dont dix membres des forces de sécurité. Le Polisario parle de onze Sahraouis tués et de 159 disparus. Un calme précaire régnait hier dans la ville. « Les gens ont peur. Il y a eu beaucoup d’arrestations dans les maisons, et des colons marocains se sont livrés à des violences avec l’appui de la police  », affirme au téléphone Ghalia Djimi, la vice-présidente de l’ASVDH, une association locale de défense des droits de l’homme.

La bataille des coeurs

De son côté, Omar Mansour, le représentant du Polisario en France, stigmatise Rabat. « L’envergure de la riposte des Marocains est à la hauteur de leur déception de voir leur politique de développement économique non couronnée de succès : ils ont perdu la bataille des coeurs  », estime-t-il.

De passage à Paris, Hassan Alaoui, le directeur du Matin du Sahara et du Maghreb, le quotidien proche du Palais royal, qui est l’auteur d’un livre sur la question (1), accuse les indépendantistes d’avoir jeté de l’huile sur le feu. « L’objectif du Polisario était de bloquer le processus onusien en provoquant des événements tragiques savamment programmés et jouant sur les droits de l’homme. Mais ce sont les fonctionnaires marocains qui comptent leurs morts. L’une des victimes a été égorgée par des hommes cagoulés. »

(1) Hassan Alaoui : « Guerre secrète au Sahara occidental », Éditions Encre d’Orient.

Source: http://www.lefigaro.fr/international/2010/11/10/01003-20101110ARTFIG00808-le-conflit-du-sahara-occidental-se-radicalise.php

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