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Tentative de relance de l’UpM dans un contexte au Proche-Orient très incertain

8 octobre 2010

La préparation du « sommet de la paix » du 21 novembre à Barcelone proposé par la France et soutenu par l’Espagne a pratiquement démarré jeudi 7 octobre par l’adoption d’un double texte: un document de position européenne qui récapitule l’ensemble des engagements des 27 États membres et des institutions européennes envers le dialogue avec la Méditerranée et un projet de déclaration à soumettre à l’approbation du « sommet » de novembre. Il faudra, entre-temps, négocier les termes de cette déclaration avec les pays de la rive sud, en particulier les pays arabes méditerranéens. Cette tâche a commencé vendredi 8 octobre à Bruxelles (réunion des hauts fonctionnaires) par un premier tour de table entre les délégations des deux rives dont rien de conclusif ne devrait sortir, compte tenu du contexte, hautement incertain, qui affecte les pourparlers israélo-palestiniens sous l’égide des Américains. Ces derniers sont très actifs et présents dans la région.

Les Européens tentent aussi d’entrer dans le jeu en cours, mais agissent apparemment de façon déconnectée entre les initiatives spécifiques de Catherine Ashton et celles de deux États membres en particulier. La France a lancé les invitations pour un premier sommet restreint le 21 octobre à Paris regroupant MM. Netanyahu et Abbas et probablement aussi le président Moubarak. De plus, la France et l’Espagne envoient ce week-end leurs ministres des Affaires étrangères pour tenter, à leur tour, de dissuader les Palestiniens de quitter la table des négociations et d’obtenir des Israéliens un prolongement, même court (on parle de deux mois), du moratoire sur les colonies, arrivé à échéance le 26 septembre dernier. Sa non reconduction serait pour les Palestiniens le signal que toute négociation deviendrait inutile, et Mahmoud Abbas, le président palestinien, menace même de démissionner et de ne plus se prêter au jeu d’une négociation à laquelle les instances dirigeantes palestiniennes (l’OLP et toutes ses factions fédérées, dont ne fait pas partie Hamas, ouvertement hostile à tout contact avec l’État hébreu) ne croient plus. Une option de plus en plus citée est celle d’un renoncement palestinien à la solution des deux États et de revenir à la revendication, très ancienne, d’un État unique démocratique et laïc. En clair, de revenir à un statut de « nation occupée » avec les obligations internationales (sécurité, humanitaire, santé, alimentation, éducation, etc.) qui en découleraient pour « l’occupant ».

Il faudrait aussi compter dans ce contexte avec les difficultés que rencontre Benjamin Netanyahu dans son propre pays face à une extrême-droite, qui a à sa tête le rival direct du premier ministre, Avigdor Lieberman. Le ministre des Affaires étrangères n’a pas manqué, depuis la tribune de l’ONU, de jeter de l’huile sur le feu pour compliquer davantage la tâche de son chef de gouvernement. Le ministre que personne, visiblement, ne souhaite « fréquenter » (pas même Catherine Ashton, comme lors de sa dernière mission en Israël il y a une semaine, ni les pays membres de l’UpM dans leur ensemble, puisqu’une des contraintes posées dans la préparation du « sommet » de novembre sera de ne pas y inviter M. Lieberman) y a créé l’événement. Il a non seulement redit son opposition à la reconduction du moratoire mais encore il a suscité un large débat passionné en Israël en proposant qu’un serment d’allégeance à l’« État juif » (base religieuse et non ethnique ou nationale) soit exigé de tout citoyen du pays qu’il soit juif, musulman, chrétien ou druze.

La déclaration du Conseil traite peu, sinon en termes généraux, du volet politique des relations euro-méditerranéennes de plus en plus réduites au dossier du Proche-Orient. L’objectif est cependant réaffirmé que l’UpM devra permettre de « créer une région prospère et durable (par un) soutien au développement socio-économique, la promotion de l’innovation et de la créativité et l’adhésion aux principes du droit, de la démocratie et de partage des valeurs ». Et ce cadre de dialogue entre les deux rives doit être « renforcé » avec une précision de détail qui tranche avec un débat ancien sur la nature de l’UpM (construction à part ne concernant que les États membres ou en association directe avec les institutions communautaires européennes). Le secrétariat général, appelé à jouer un « rôle majeur », sera formellement placé sous l’autorité du comité des hauts fonctionnaires dont la coordination relève directement des structures du Conseil jusqu’à présent en attendant que soit finalisée la mise en place de la diplomatie commune européenne.

Qui prendra la relève de la France en tant que coprésidente de l’UpM ? L’Espagne vient d’exprimer de nouveau son intérêt et le ministre des Affaires étrangères, Miguel Moratinos (EUROPE N° 10227), s’est même avancé en déclarant que Mme Ashton (titulaire « naturelle » de cette fonction de coprésident si le Traité de Lisbonne était respecté) a accepté de lui déléguer la mission. Cela a suscité de la perplexité à Bruxelles. « La question ne peut être tranchée sans un accord des 27 », réplique un diplomate communautaire. Interrogés par EUROPE, les services de Mme Ashton ne confirment ni n’infirment. (F.B.)

Source: www.agenceurope.com, article du 08.10.2010, Bruxelles.

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