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Miguel Angel Moratinos, ministre espagnol des Affaires étrangères: « Nous sommes déterminés à transformer la Méditerranée en un espace de paix et de prospérité »

9 décembre 2009

Miguel Angel Moratinos, ministre espagnol des Affaires étrangères, était en visite en Egypte, la semaine dernière, en compagnie de son chef de gouvernement, José Luis Zapatero. Il évoque les rapports entre l’Egypte et l’Espagne, le conflit israélo-palestinien et le projet de l’Union pour la Méditerranée.

Al-ahram hebdo : Le chef du gouvernement espagnol effectue sa première visite officielle en Egypte. Pourquoi a-t-il tardé et comment évaluez-vous l’état des relations entre l’Egypte et l’Espagne ?

Miguel Angel Moratinos : Le premier ministre a déjà visité l’Egypte. Il a participé en janvier au sommet de Charm Al-Cheikh pour soutenir la médiation égyptienne, qui tentait de parvenir à un accord de cessez-le-feu dans la bande de Gaza et de mettre fin à la crise entre Israël et le Hamas. Il s’agit maintenant de la célébration de la première réunion de haut niveau entre l’Egypte et l’Espagne à la suite de la signature du Traité d’amitié et de coopération entre nos deux pays, conclu à l’occasion de la visite de Leurs Majestés le roi et la reine d’Espagne en février 2008. Les relations bilatérales entre l’Espagne et l’Egypte sont vraiment excellentes et avec l’application de ce traité, elles sont arrivées à un niveau indubitablement stratégique.

L’Espagne est fortement impliquée dans l’initiative de l’Union Pour la Méditerranée (UPM) qui se trouve immobilisée en raison du conflit palestino-israélien. Comment surmonter cette situation ?

— La situation du Moyen-Orient et, certainement, la crise dans la bande de Gaza ont eu des répercussions négatives sur l’UPM. Néanmoins, nous avons pu avancer récemment dans la mise en marche du secrétariat et des institutions de la nouvelle UPM et nous préparons aussi de grands projets de développement dans le bassin méditerranéen. Nous espérons que la reprise des négociations de paix le plus tôt possible permettra une amélioration des conditions pour travailler et nous organisons un sommet de l’UPM au printemps prochain.

Le processus de paix israélo-palestinien est bloqué à cause du refus du gouvernement israélien de cesser la colonisation. Pourquoi est-ce-que l’Europe ne prend pas de mesures juridiques ou commerciales contre Israël, comme par exemple le boycott des produits venant des colonies illégales ?

— L’Espagne est gravement préoccupée par les dernières annonces de nouvelles constructions dans les colonies de Cisjordanie. Je dois vous rappeler que l’Espagne et l’Union Européenne (UE) ont clairement dit que les colonies sont illégales. Nous sommes cohérents dans nos pratiques avec ce principe.

L’Espagne assume la présidence de l’UE à partir du 1er janvier 2010. Croyez-vous que la présidence espagnole pourra réactiver les principaux dossiers liés à la transformation de la Méditerranée en un espace de paix et prospérité ?

— L’Espagne souhaite agir sur les principaux dossiers régionaux d’une manière engagée et constructive. Nous avons de bonnes relations avec tous les pays de la région. L’Espagne est déterminée à poursuivre cet objectif de transformer la Méditerranée en un espace de paix et de prospérité. Il faut compter sur tous les Etats de la région pour trouver les solutions justes et durables aux problèmes régionaux. La construction d’une grande coalition pour la paix est l’un des objectifs prioritaires de l’Espagne, qui occupera une bonne position parmi nos priorités pendant notre présidence de l’UE.

Le président palestinien, Mahmoud Abbass, a menacé de ne pas se représenter à sa propre réélection l’an prochain en raison du blocage du processus de paix. Comment voyez-vous la situation ?

— Je vois en Mahmoud Abbass un homme politique extraordinaire, qui a une vision juste et positive pour son peuple, et sa présence est vraiment la meilleure garantie pour parvenir à un accord de paix qui consolide définitivement la solution de deux Etats, Israël et la Palestine, vivant côte à côte, à l’intérieur de frontières sûres et reconnues. Les Palestiniens revendiquent leur droit à un Etat sur les territoires occupés en juin 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale, aux côtés de l’Etat d’Israël. L’Espagne partage cette vision. Nous avons déjà accordé notre soutien au Plan Fayyad (premier ministre palestinien), visant à établir un Etat palestinien viable dans les deux prochaines années. Il y a déjà une déclaration d’indépendance de la Palestine à Alger en 1988. Maintenant, il faut travailler pour le développement des institutions palestiniennes et pour un consensus international qui permettra l’établissement et la reconnaissance internationale de l’Etat palestinien.

Le refus américain du rapport Goldstone sur les crimes de guerre israéliens à Gaza a suscité une indignation internationale, car cela veut dire qu’Israël est au-dessus de la loi. Quelle est la position de l’Espagne quant à ce rapport ?

— L’Espagne a compris l’importance du rapport Goldstone sur le conflit de l’hiver dernier à Gaza et nous avons demandé des investigations complètes, indépendantes et impartiales pour étudier les éventuelles violations des droits de l’homme. L’Espagne reste gravement préoccupée par la situation humanitaire dans la bande de Gaza et continue d’insister pour que des mesures concrètes soient prises rapidement pour trouver une solution à cette crise humanitaire. Mais nous devons regarder vers le futur et pas vers le passé pour éviter de nouvelles crises. Nous lançons un nouvel appel en faveur des négociations directes entre Israël et l’Autorité palestinienne pour parvenir à une paix globale, juste et durable au conflit.

La Turquie prend un rôle de plus en plus important dans les questions régionales. Comment évaluez-vous son action dans le conflit du Proche-Orient et comment l’Espagne se positionne-t-elle vis-à-vis de son entrée dans l’UE ?

— L’Espagne a donné son plein soutien aux négociations visant à l’adhésion de la Turquie à l’UE. Le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, a visité l’Espagne la deuxième semaine de novembre et il m’a expliqué la volonté turque de faire une contribution positive à la stabilité de la région du Moyen-Orient. Nous croyons que ces idées sont très positives.

Propos recueillis par Randa Achmaw

publié par al-Ahram hebdo en français, vendredi 4 décembre 2009

http://hebdo.ahram.org.eg/arab/ahra…

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