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Fathi B’Chir: La demande de clarification sur l’UPM est plus qu’opportune

9 décembre 2009

La demande de clarification au sujet de l’UpM est plus qu’opportune deux jours à peine après la décision de surseoir à la nomination d’un secrétaire général, de ses adjoints et à l’adoption de statuts pour la structure commune devant gérer l’UpM. Tout est renvoyé au début janvier mais il n’est pas sûr que la décision sera plus mûre qu’elle ne l’est en cette fin décembre.

Tout le monde, presque tous – sauf MM. Guaino, Moratinos et Abul Gheit sans doute – ont conscience que l’aventure amorcée le 13 juillet 2008 à Paris a abouti à un enlisement dont personne ne semble vouloir tirer les conséquences politiques. Personne n’oserait le dire ouvertement et les craintes éprouvées par les pays partenaires de s’exprimer franchement ne sont pas illégitimes. Chaque représentant diplomatique a d’abord le devoir de défendre et de promouvoir le dossier, bilatéral, de son pays et ne voudrait pas compromettre cette tâche prioritaire par des critiques qui seraient mal interprétées par une institution communautaire ou par une des capitales européennes.

Il ne s’agit d’ailleurs pas d’incriminer l’un ou l’autre des acteurs, mais de s’obliger à déterminer les raisons de cet aboutissement à l’impasse.

Raimon Obiols a raison de souligner que le contexte moyen-oriental a joué et qu’il n’a pas été le seul facteur de blocage.

La méthode choisie n’est vraisemblablement pas la bonne. Plutôt cavalière, opaque et qui ne tient pas compte des acquis du processus de Barcelone. Ainsi, Paris, Madrid et le Caire ont choisi une forme de coopération inter-gouvernementale qui, implicitement, indique que la volonté n’était pas de corriger les erreurs du processus lancé en 1995, mais de repartir de zéro avec les mêmes handicaps et la même absence de stratégie à long terme.

La parité claironnée à Paris a été fictive. Les trois promoteurs ont graduellement centré le débat, les propositions et les quelques décisions ponctuelles, au sein du cercle restreint de leur “troïka” peu transparente et si peu paritaire. Tous les autres pays peinent à les suivre dans le flou qui caractérise cette “Union de projets” qui n’offre d’autres perspectives que de lancer une coopération qui n’aurait sans doute pas besoin d’être placée dans un tel cadre pompeux et finalement sans consistance. Ni l’énergie, ni le commerce ou la mise en place d’un système de règles d’origine, la coopération entre les PME ou même l’agriculture et le dossier sur les migrations n’avaient besoin de réunions à grand renfort de tambours et trompettes et de dépenses somptuaires. Les accords d’association et les “plans d’action” suffiraient amplement à de tels projets.

Qui oserait prendre la responsabilité d’un éventuel échec ?

Les Etats, membres de l’UE ou de pays partenaires ? Leur attention est prioritairement focalisée sur les bénéfices ponctuels.

L’APEM ? Enlisée elle-même dans la définition de ses méthodes de travail, l’Assemblée parlementaire n’offre pour l’instant qu’une capacité de réaction réduite (un exemple vient d’être donné: deux jours après la nouvelle déclaration européenne sur la Palestine, aucun écho n’est venue de cette institution conjointe qui donne le sentiment d’être préoccupée plus par des marchandages internes plus que du fond). Elle donne d’elle plus l’image d’une instance d’entérinement que de proposition. Sa vocation démocratique serait mieux servie si elle avait l’audace d’avancer des idées à contre courant, d’oser sortir des pistes balisées par les avis de l’institution parlementaire européenne, en se dotant d’une relative vie autonome.

L’Espagne durant le premier semestre 2010 ? Sa présidence de l’UE durant cette période sera déterminante: elle sera celle de la relance sur des bases plus saines ou celle d’un enterrement discret comme ce fut le cas il y a près de 20 ans du Dialogue Euro-Arabe mort par déficit d’objectif et de stratégie crédible. Encore faut-il être sûr que la future co-présidence européenne de l’UpM ne sera pas assurée plutôt par Catherine Ashton que par Miguel Moratinos et après lui son collègue belge. La question n’est pas tranchée du côté européen.

Le plus urgent semble être, non pas de décider de projets ou de réunir des chefs d’Etat, mais d’engager un débat clair, ambitieux et même contradictoire (démocratique) sur les objectifs et les visées à long terme. On l’a répété maintes fois: la coopération euroméditerranéenne porte sur “tout, sauf les institutions”. Celle de l’Union européenne évidemment. Mais peut-être faudra-t-il ouvrir le débat pour savoir quelles institutions spécifiques concevoir si cela s’avèrait utile, à plus ou moins longue perspective.

L’APEM, en particulier, devrait, si elle prouve qu’elle en a la capacité, offrir l’enceinte pour organiser et animer un tel débat profond, en osant remettre en question l’édifice à l’évidence mal équilibré dans ses fondations.

La “pause de réflexion” est-elle possible ? Est-il envisageable de s’arrêter pour réfléchir, pour mieux cibler les objectifs, parfaire les méthodes de travail et de décision et repartir sur de meilleures bases ? Le risque, sinon, serait d’être comme celui qui glisse sur une pente raide. Le danger de perdre l’équilibre et, finalement, de chuter. Ce ne sera alors qu’une nouvelle occasion perdue ?
http://www.medafrique.info/news/show.php?id=1190

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