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Rachid Hallaouy: Azoulay, le Maroc et l’Europe

1 décembre 2009

«Quelle reconfiguration de la géo-économie après la crise ?». Tel était le thème choisi par l’Ecole de management de Casablanca (ESCA), le 11 novembre dernier, dans le cadre d’une conférence où André Azoulay, Conseiller de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, a participé. Comme de coutume, André Azoulay a élevé le débat en donnant une perspective à son discours, une latitude à ses visions et une profondeur d’horizon. Ardent défenseur d’un Maroc, ouvert, tolérant et lié au continent européen, le conseiller royal a développé ses idées sur la «nécessité de ne plus faire référence à la civilisation et à la religion lors de discussions entre les peuples. C’est complètement hors sujet», dit-il. Il préfère parler d’un Maroc qui «avance, qui progresse grâce à sa capacité à prendre son destin en main et grâce à l’accompagnement politique, financier, technique et humain de l’Union européenne. Les 40 années de partenariat avec l’UE doivent nous servir à conforter et à consolider nos acquis. Si aujourd’hui, nous ne sommes pas éligibles pour une adhésion totale, ils n’en reste pas moins que les deux lettres adressées par Feu Hassan II à l’UE sont restées sans réponse formelle. Elles doivent toujours être sur un bureau à Bruxelles», indique-t-il.

Changement de paradigme
Selon le président de la Fondation Anna Lindt, la question de fond repose sur l’interrogation «comment le Nord veut-il nous traiter politiquement ?». «Il faut être lucide, on n’est pas dans un jeu égal. C’est la loi économique et le poids politique, géostratégique et économique des uns et des autres qui comptent et pèsent sur la balance. Nous sommes dans un rapport déséquilibré. Cependant, à nous de capitaliser sur nos acquis. L’espace Euromed et le projet d’Union pour la Méditerranée est un projet ambitieux, mais pas encore gagné. Il faut que le Maroc se l’approprie. Que l’UPM devienne une copropriété et une co-gouvernance», dit-il. Pour cela, il préconise un changement de mentalités et de schémas de pensée. «A la fondation Anna Lindt, bras idéologique et séculier de l’UPM, nous sommes attachés à réduire le fossé et à imposer la mutualité dans le respect aussi bien dans les écoles, les facultés que les campus universitaires. Nos exigences, nos aspirations, doivent être identiques à celles des Portugais, Français, Italiens, Espagnols ou Suédois. A savoir, la dignité, la liberté et la solidarité. Faut-il rappeler que le Maroc a progressé tout en préservant son identité, ses traditions, ses solidarités ? Notre culture est celle de l’altérité et non celle de la fermeture», poursuit André Azoulay.
Selon le Conseiller de SM le Roi Mohammed VI, une partie de notre destinée est conditionnée par la réussite ou l’échec du projet de l’Union pour la Méditerranée. «Le Maroc est arabe, africain et européen. Il faut savoir que personne n’a pu résoudre l’équation Islam / Occident au sein des instances internationales. C’est une fausse équation car on a voulu y mettre des termes non adaptés», précise-t-il. Ardent défenseur de l’UPM, André Azoulay se veut volontariste, ambitieux et pragmatique. «Que cela se fasse dans un siècle, ça ne me gène pas. C’est la perspective le plus important».

L’UPM se dote d’une fondation
La création d’une Fondation des femmes pour la Méditerranée, « lieu de rencontres, d’initiatives, d’échanges et de partage d’expériences locales » a été décidée jeudi 12 novembre 2009 à Marrakech par une conférence ministérielle de l’Union pour la Méditerranée (UPM).
Cette fondation aura pour mission de « coordonner les énergies et les moyens » et de « créer un réseau de femmes autour de la Méditerranée« .
Prévue pour 2010, elle accueillera aussi un « Observatoire euro méditerranéen sur la violence faite aux femmes« , et aura un statut juridique de droit français et « sa gouvernance sera multilatérale« . Les trois « collectivités territoriales fondatrices » seront Paris, Marrakech et Byblos (Liban), mais des antennes pourront être créées dans les pays ou les villes qui le souhaitent. Concernant son financement, l’UPM a souligné que ce projet est uniquement fondé sur le volontariat et que les fonds pourront être privés ou publics. La Banque mondiale fera une première contribution pour lancer la fondation.
Une quarantaine d’Etats membres de l’UPM ont participé mercredi 11 et jeudi 12 novembre 2009 à la conférence de Marrakech, qui était co-présidée par la France, l’Egypte, la Suède et le Maroc. C’était la première réunion à niveau ministériel dans le cadre de l’UPM depuis l’offensive militaire israélienne à Gaza.

La Nouvelle Tribune

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