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UE-EUROMED: vers l’annulation de la conférence ministérielle de novembre

20 octobre 2009

UpM GeografíaLa conférence ministérielle annuelle des pays de l’UE et du pourtour méditerranéen, qui a lieu généralement en novembre, serait d’ores et déjà compromise. Le quotidien français Le Monde (17/10/209) formalise ce qui n’était jusqu’à présent qu’une rumeur, car la Suède n‘y voyait aucun intérêt et a même envisagé d’en confier l’organisation à Istanbul. Il s’y est ajouté plusieurs autres sujets de controverse.

Mais l’essentiel serait dans le désenchantement croissant des partenaires de l’UE. Le pire est celui de l’Egypte, co-présidente de l’Union pour la Méditerranée (UpM) et coordinatrice du groupe arabe.

« L’Union pour la Méditerranée (UPM), après avoir été « institutionnellement suspendue » à la demande des pays arabes en signe de protestation contre la guerre de Gaza menée par Israël, avait repris ses travaux. Il est désormais probable que la prochaine réunion ministérielle, début novembre à Istanbul, n’aura pas lieu. L’Egypte a annoncé son intention de la boycotter en raison de la présence du ministre israélien des affaires étrangères, Avigdor Lieberman’’ , écrit Laurent Zecchini correspondant du quotidien Le Monde depuis Israël..

De fait, plusieurs éléments ont laissé croire à un possible report de la session annuelle de novembre ou peut-être aussi à la tenue d’une session de pure forme pour ne pas laisser apparaître le vide qui s’installe progressivement dans les relations euroméditerranéennes.

L’intérêt montré par la Suède pour la Méditerranée est faible et la zone demeure loin de ses préoccupations. Son attention est focalisée pour l’essentiel sur le projet de dialogue entre riverains de la Baltique.

Il s’y ajoute la controverse persistante entre le gouvernement suédois et celui d’Israël suite à la publication d’un reportage de presse accusant Israël de prélèvement d’organes sur des citoyens palestiniens.

Dans ce contexte, Stockholm a envisagé de céder le privilège d’organiser la réunion ministérielle EuroMed à la ville d’Istanbul sous les auspices du gouvernement turc. D’autres pistes seraient évoquées mais sans trop de conviction : Le Caire ou Rabat ou aussi Casablanca.

Chypre et la Grèce plutôt sourcilleuses sur tout ce qui accorderait un « beau rôle » à la Turquie auraient exprimé des réserves qui se sont ajoutées au vif débat au sein du groupe de Hauts fonctionnaires en charge du suivi de l’UpM sur les structures du futur secrétariat général.

Les décisions prises à Marseille (novembre 2008) laissent envisager la création, outre la fonction de secrétaire général, de postes de secrétaires généraux adjoints, cinq, pour les uns, six pour d’autres et en particulier pour Bernard Kouchner qui a unilatéralement accordé ce sixième siège à la Turquie.

Chypre a protesté et demandé à bénéficier elle aussi d’un siège, non pas forcément dans l’immédiat mais pour avoir l’assurance que la Turquie ne s’opposera pas, lors de la prochaine rotation – en juillet 2010 – à ce qu’elle puisse obtenir un poste de secrétaire général adjoint. Rappelons que la Turquie tarde à normaliser ses relations avec le gouvernement de Nicosie. Athènes aussi rappelle que la déclaration finale de Marseille ne fait aucunement mention d’un sixième poste.

Désenchantement égyptien

L’Egypte pour sa part serait de moins en moins enthousiaste pour le projet d’UpM alors qu’elle en assure la co-présidence et la fonction de coordinatrice du groupe arabe. La tendance serait bien plus visible depuis l’éviction fin septembre de son candidat, Farouq Hosni, au poste de Directeur général de l’UNESCO. La « lâchage » européen, et en particulier français, a laissé un goût amer chez les Egyptiens.

Des signes manifestes de cette « mauvaise humeur » sont perceptibles. L’Egypte a depuis décidé de cesser sa coopération avec le musée français du Louvre et d’exiger le retour d’antiquités.

Mais le facteur essentiel serait lié au blocage du processus du Moyen Orient. Le contexte actuel est marqué par une reculade significative du président américain Barack Obama dans le dossier des colonies de peuplement. Le Caire ne peut se permettre dans ces circonstances de provoquer son isolement dans l’opinion arabe si elle acceptait de rencontrer à Istanbul, ou ailleurs, l’extrémiste ministre israélien des affaires étrangères, Avigdor Lieberman.

Il s’y ajoute, enfin, un réel désenchantement arabe à l’égard de l’UpM. Les progrès, s’il y en a, sont jugés trop lents. La mainmise française et égyptienne a contribué à « gripper » la machine. L’espoir est de voir l’UE reprendre la main dès la mise en œuvre du traité de Lisbonne dont la ratification demeure tributaire d’une signature de la main de l’eurhostile président tchèque, Vaclav Claus. A ce titre, l’UE aura une représentation diplomatique unique qui sortirait l’UpM de l’accaparement actuel français et égyptien soutenus en sous-main par Madrid.

Bruxelles (18/10/2009 – Fathi Bchir) Agence Europe

MedAfrique

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